Quelques billets et photos pour partager avec mes proches mon voyage au Japon



vendredi 20 novembre 2009

Dix-huitième jour : Kyoto - Bonus - Kitchen Rakuraku Kyoto


Un petit message supplémentaire pour aujourd'hui spécialement pour Akira et son restaurant Kitchen Rakuraku où je suis retourné ce soir.

J'ai, comme promis la veille, apporté quelques albums à ce fan de rock'n'roll et autres musiques. Je lui ai laissé les quatre albums des Blacks Keys que j'avais sur ma clef usb. Visiblement il a bien apprécié :)

Il s'est même fendu d'une petite impro à la guitare car il est aussi musicien cet animal! On a un peu discuté, il a une fille. Il est allé à Singapour et à Hawaï il y a pas mal d'années maintenant. Apparemment à Hawaï il y a pas mal de personnes d'origine japonaise, ça a rendu le voyage plus facile pour lui.

Pour la bouffe c'était vraiment super, je ne sais pas comment ça s'appelle, mais c'était une sorte de pot au feu de poissons et de fruits de mers avec des légumes de toutes sortes, avec un assaisonnement à base de sauce soja relevé de piment, il y avait aussi du tofu. Tout ça préparé sous mes yeux et servi dans un marmiton en fonte.

J'ai dévoré son plat et j'allais boire le jus de cuisson tellement c'était bon. Mais il m'a repris le marmiton en me disant qu'il me faisait cadeau de son "spécial". Il a mélangé les restes de mon plat dans une casserole, à feu vif, avec du riz, plein d'oignons, un oeuf brouillé et des herbes de toute sortes. Ça n'a pas cuit longtemps, mais à feu vif, et c'était super bon. Ça s'appelle un zosui. Le zosui, ainsi que le premier plat, sont très populaires en hiver, un peu comme la soupe au fromage auvergnate par exemple.


Peu après sont arrivés trois personnes, deux israéliens, Hemry et Ruth, et un italien, Simoné, qui parlait super bien français. On a un petit peu discuté. Ils sont étudiants en japonais et ici pendant un an. Hemry, lui, m'a dit que la France avait inventé la démocratie et "le pompier", je savais pas ça, on en apprend tout les jours dis donc!  Simoné apprend le japonais depuis deux ans et avait l'air de dire que c'était vraiment difficile. Mais bon ils avaient l'air de se débrouiller quand même plutôt bien car leurs discussions avec Akira étaient plus animés que les miennes!


Enfin, c'était quand même sympa, j'ai beaucoup apprécié cet endroit chaleureux où je me sentais bien. C'est bien d'avoir un endroit comme ça ou on peut aller quand on veut boire une silver sapporo bien fraiche!

Dix-huitième jour : Kyoto - Le palais Ninomaru, la "Promenade de la philosophie" et Gion

Alors grosse journée que ce vendredi. Heureusement hier soir je me suis bien préparé mentalement en allant faire un tour dans un restaurant super à côté du temple, le Kitchen Rakuraku. C'est tenu par Akira Mizobuchi et il est vraiment très bon cuistot, l'ambiance est sympa aussi. Il tient un blog, vous le verrez en photo avec moi ICI.

Alors, revenons à nos moutons. Après m'être légèrement perdu sur le chemin de la promenade de la philosophie (c'est pas mon truc la philo) je commence la journée, un peu par hasard, au château Nijô-jô. En fait je ne savais pas à quel arrêt je devais descendre exactement. A un moment ils ont annoncé ce château, du coup j'y suis allé. Et j'ai bien fait. Il contient deux palais, le Ninomaru et le Honmaru (début XVIIème).



Le Ninomaru est sans aucun doute ce que j'ai vu de plus beau en peintures depuis que je suis ici, mais, hélas, trois fois hélas, interdiction formelle de prendre des photos. Ce palais enchaîne différentes pièces de vie et d'apparat du Shogun. Chacune des onze pièces ont été décorées de panneaux peints par des maîtres de l'école Kanô (spécificité : un arrière plan doré). Ce sont des animaux ou des paysages, tous somptueux. Je remarque que la grande salle de réception où le shogun recevait ses vassaux est décorée de paons... La,plus belle salle, à mon goût, est une des dernières, la salle d'armes, décorées d'aigles et de pins. Superbe, je ferai deux fois le tour de cette partie de la visite tellement c'était beau.

Autre intérêt, pour ceux qui ont lu les romans de Lian Hearn, le Clan des Otoris, vous vous rappelez sans doute du fameux parquet chantant, le Couloir du Rossignol ? Et bien ce parquet existe vraiment et il est dans le  Ninomaru, chaque pas reproduit effectivement le cri de l'oiseau. Cela permettait d'être avertit du moindre mouvement. J'ai essayé de ne pas le faire chanter mais mes techniques ninja ne sont apparemment pas encore au point. Le deuxième palais n'est pas ouvert au public. Mais on peut visiter un très  beau jardin, le Ninomaru-en.

Je rejoins ensuite le point de départ de la fameuse promenade philosophique, au Ginkaku-ji, le pavillon d'argent, qui en fait est en bois car il n'a jamais reçu son placage. Et en plus, là encore, il est en réparation, décidément c'est la saison des charpentiers le mois de novembre au Japon ? Peu importe, je peux prendre de belles photos et faire une chouette visite du jardin qui l'entoure, à flancs de montagne.
Après un petit repas sur le pouce, j'entame la promenade de la philosophie. Un jolie chemin le long d'un canal, qui relie plusieurs temples et "Ainsi nommé parce que les moines des temples environnants viennent y méditer depuis des siècles [...]" Très agréable, et ça change des temples... Et oui je commence déjà à me lasser un tantinet de tous ces temples. Et pourtant...
J'en visite encore deux en suivant la promenade, le Zenrin-ji où je ferais une overdose d'érables dans le jardin attenant au temple, avant de monter à la pagode qui offre une belle vue sur la ville.
Puis le Nanzen-ji, avec sa gigantesque porte Sanmon du haut de laquelle on peut prendre de belles photos du site et des superbes propriétés du coin. Ses jardins zen, ses peintures, ses appartements abbatiaux sont magnifiques. La peinture ci-contre est le seul panneau que j'ai pu prendre.
Mais, je ne vous le cache pas, j'atteins à quatorze heure et trente cinq minutes précises la limite de mes capacités à visiter autant de temples en une seule journée. J'en étais presque malade, j'ai cru que j'allais vomir une pagode. Du coup je repars en ville dans le quartier de Gion! Un vieux quartier avec des maisons d'époque Edo, j'y croise des apprentis Geishas, je furète dans les ruelles, je fais le tour des antiquaires.
Je croise aussi une vrai Geisha (enfin je crois!)! Ça me change des temples surpeuplés de cars du troisième âge et d'écoliers et collégiens. D'ailleurs je me demande bien quand est-ce qu'ils vont étudier ces jeunes, à toujours faire les touristes comme ça, ils sont partout! Enfin bref, être écolier à Kyoto c'est pas facile, si on veut tout visiter gratuit pendant sa scolarité, à mon avis il faut faire exprès de redoubler, sinon on a pas le temps!

jeudi 19 novembre 2009

Dix-septième jour : Kyoto - Le quartier du Pavillon d'Or


La journée démarre bien avec un excellent petit déjeuner à la japonaise dans le ryokan Seikan-so de Nara. Un très bel endroit, des proprios sympathiques, je vous le recommande chaudement. Dés que j'ai terminé mon riz, ma soupe miso, les oeufs, le thé, les haricots sucrés, les trucs verts avec des graines de sésames et le yaourt, hop je prends le chemin de la gare. Vingt cinq minutes à pieds avec tout mon barda, on le sent passer, je m'avachis dans le train pour Kyoto au son d'Interpol et d'Arcade Fire.

A Kyoto je loge au temple Shunkoin. Un des quarante-sept temples du complexe de Myôshin-ji, un peu à l'écart du centre ville. J'y dépose mes bagages car la chambre, comme dans la plupart des hôtels au japon, ne sera pas disponible avant le milieu de l'après midi. Et je repart avec un vélo, orange, gracieusement prêté par le temple, sympa.

Du coup, pour faire le tour du quartier du pavillon d'or, où je me trouve, je vais commencer directement par ce fameux pavillon. Il est situé le plus loin du temple ou je loge. Comme ça je file d'une traite au bout de la promenade et je reviendrais tranquillement jusqu'au Shunkoin. Le pavillon est un des monuments les plus visités du Japon, et quand on y est, ça se voit, ça se bouscule même.



Les photographes font la queue pour atteindre les spots les plus prisés pour prendre LA photo. D'ailleurs si jamais vous venez un jour ici, en entrant, sur la gauche il y a un chemin, où tout le monde va pour bien prendre le pavillon de face, je n'y suis pas allé en me disant que j'irais au retour. En fait on ne peut pas y aller au retour... Mais bon c'était blindé de monde donc pas de regrets.


Le temple Kinkaku-ji est environné d'un très beau jardin, apparemment bien entretenu. Pour le coup, être venu en automne ici c'est vraiment une bonne période. Et en plus il fait assez beau aujourd'hui, quelle chance! Chacun se presse le long du chemin vers la sortie. Une jeune japonaise en tenue traditionnelle est harcelée par tous les touristes pour faire une photo avec eux, et elle s'y prête de bonne grâce.



Ce temple a brûlé deux fois, une fois au XVème siècle durant des guerres de clan. Puis une seconde fois en 1950 : "un jeune moine, obsédé par son bégaiement et ne pouvant souffrir la beauté autour de lui, dans un accès de démence voulut détruire ce qui représentait à ses yeux l'essence de la beauté". Il a été jugé et cette histoire a donné le roman "Kinkaku-ji" ("Le pavillon d'or" en français, 1956) de Mishima Yukio, un classique au Japon.


Je fais ensuite un petit détour sur le programme pour aller au Daitoku-ji, un autre complexe de vingt quatre temples. J'y verrais le Daisen-in, célèbre pour son jardin zen, trésor national. Mais dont je ne pourrais pas prendre de photos car c'est interdit. Un bon conseil n'essayez pas de frauder cette interdiction... Je visite d'autres temples, des jardins somptueux, complexes, mêlant jardins secs, cours d'eau, jardins de mousse, jardins zen... En dehors des temples, la circulation dans le complexe est très agréable, c'est comme un petit village avec des rues pavées de pierres. Parfois même on est entouré de forêts! Très calme.

J'enchaîne ensuite avec le Ryôan-ji, qui lui aussi est célèbre pour son jardin zen, considéré comme "le plus parfait jamais conçu" et inscrit au patrimoine mondial de l'humanité. Je ne verrais pas le temple en reconstruction, comme cela se fait régulièrement. La vue sur le jardin zen est un peu gâchée par ces travaux. Mais cela ne m'empêche pas d'y prendre plaisir (moins que la foule en tout cas).

Il y a aussi des peintures sur les parois à l'intérieur du temple. Pas facile de les photographier car elles ne sont pas à la lumière. Pas de flash bien sur...

Je profite du magnifique jardin autour de l'étang carré au pied du temple (un tsukubai). Je fais le tour de l'étang en prenant de nombreuses photos, le soleil est de la partie! Quand même, un beau soleil, ça aide vachement pour les photos.

Je retourne au complexe Myôshin-ji ou je visite les rues et ruelles pavées en vélo, j'essaye de passer partout, c'est un peu un labyrinthe, mais je ne me perds pas. Je fais un dernier temple qui propose un trés beau jardin, lui aussi de plusieurs styles (zen, sec, cascades, étangs...) il est superbe au coucher du soleil. Je retourne ensuite au Shunkoin pour m'installer dans ma chambre, très sobre et dépouillée.



En revanche ils sont à la pointe du progrès avec un wifi wireless du feu de dieu (si je puis dire), ce qui est loin d'être le cas dans les ryokans et même les business hôtels.

Ça va être zen je sens, je reste ici deux nuits. Trois jours à Kyoto c'est assez peu en fait par rapport à la richesse touristique de cette ville, mais en restant plus longtemps j'ai peur de faire une allergie aux temples.

mercredi 18 novembre 2009

Seizième jour : Nara


Le trajet de Nagoya à Nara, via Kyoto, me prend environ deux heures en Shinkansen Hikari puis sur une ligne locale de la JR (Japan Rail). Dés mon arrivée je file au Ryokan Seikan so. Un bel endroit, situé dans Naramachi, le quartier ancien de Nara. Il y a même un assez beau jardin au centre du bâtiment. Je laisse mes affaires au comptoir car, à cette heure ci, les chambres ne sont pas encore prètes. Je décide de louer un vélo pour la journée, la plupart des sites intéressants de Nara sont situés dans un grand parc à l'ouest de la ville.

Nara est la première capitale, dite "permanente", du Japon au huitième siècle. Auparavant, à chaque mort d'un empereur, on changeait la capitale par superstition. Je ne sais plus quel empereur s'est dit que ce serait pas mal de centraliser un peu le pouvoir et il a choisi Nara. Moins d'un siècle plus tard la cour déménagera à Heian, future Kyoto, pour fuir la puissance grandissante des temples vis à vis de l'empereur. Et en visitant on se rend effectivement compte que les temples étaient riches, et qu'ils le montraient. Je découvre le site via la pagode à cinq étages.

A vélo je traverse le parc où se trouvent les édifices; il est constitué de jardins, d'étangs, de forêts, d'étendues d'herbe au milieu desquels naviguent les touristes et mille deux cent daims qui viennent quémander. Il y a même des stands où on peut acheter de la nourriture spécialement pour eux.

Je commence par le sanctuaire Kasuga Taïsha au fond du parc et le plus proche de la forêt. Le chemin qui y mène est parsemé de quelques trois mille lanternes, mais je n'ai pas compté pour vérifier. Quand il n'y a pas foule, l'ambiance est assez mystique, entre le vert de la forêt, les lanternes en pierre couvertes de mousse et les Torii vermillons, le contraste est flagrant.


Le sanctuaire en lui même propose un tour du temple, où, là encore, on suit un chemin de lampes, mais en fer et plus petites que celles de la forêt.


Ensuite le pavillon Nigatsu-dô offre une belle vue sur le site. Mais avant d'y grimper je vais m'offrir un bon repas juste en dessous, il me faut quelques forces! Ce pavillon fait partie de la dizaine de bâtiments dépendants du temple principal. A la grande époque de Nara il y en a eu jusqu'à cent vingt.

Je termine le tour par ce qui est sans aucun doute l'édifice le plus impressionnant. C'est d'ailleurs la plus grande construction en bois du monde, le temple Tôdai-ji. J'avoue avoir été particulièrement impressionné, savoir que c'est entièrement fait de bois force l'admiration. Les compétences des charpentiers qui ont réalisé cela sont immenses, pas de doutes! Les techniques de construction de ces temples ne se transmettent qu'oralement depuis des siècles.


Les temples sont régulièrement entièrement démontés et remontés pour entretien. C'est un gigantesque jeu de construction, sans clous, ni vis.


Le temple contient une grande statue de Buddah dans les quinze mètres de haut, ainsi que celles de plusieurs autres divinités. Si ces statues sont, certes, superbes, je suis encore plus impressionné par l'assemblage du temple et je passerai pas mal de temps à observer comment peut bien tenir ce plafond!

Avant de rentrer je visite un joli petit jardin juste à côté du parc, c'est calme, il y a peu de monde. Le jardin est oraganisé en trois parties, l'étang, le jardin de mousses et le jardin de la maison de thé. Le soleil fera sa première apparition de la journée, juste avant de se coucher, j'en profite pour faire quelques photos de plus et me détendre au calme prés de la maison de thé. Puis je rentre en vélo par la rue commerçante couverte qui mène au ryokan.


Demain direction Kyoto pour au moins deux nuits. Je loge dans au temple Shunkoin. C'est un mode de logement courant appelé Shukubo.

mardi 17 novembre 2009

Quinzième jour : La vallée de Kiso, Nagoya et Toyota !

Alors ce matin c'était grasse matinée, lever à sept heures et glandage jusqu'à sept heure trente le temps que la température de la chambre remonte de onze degrés à au moins quinze! J'ai coupé me chauffage avant de me coucher car il faisait trop de bruit, avec leurs supers couvertures et leurs édredons en plumes j'ai pas eu froid pour dormir, par contre pour en sortir, c'était plus dur!


Hop je reprends le train, celui avec les vitres panoramiques, pour Nagoya. J'ai laissé tomber la rando entre Tsumago et Magome, le temps est trop incertain. J'ai bien fait puisqu'il pleut averses et qu'en arrivant au niveau du lieu de la rando... Il neige! Bien à l'abri dans le train je peux tenter de faire quelques clichés de la vallée.

Mais je suis incapable de rendre la beauté de ce trajet. Entre les feuilles automnales des arbres, puis la vallée enneigée et ensuite la brume qui fond sur la vallée, je tente quelques photos mais je vais surtout admirer. C'est vraiment superbe.

Arrivée à Nagoya vers onze heure, je galère un peu pour trouver un hôtel pas trop loin de la gare. Cette fois ci, pas de Ryokan amical. Après trois ou quatre appel infructueux vers les hôtels conseillés par les guides, je me lance au hasard vers les hôtels du quartier de la gare. Je dois me rabattre vers un business hôtel, pas trop cher, mais avec une chambre fumeur... En gros c'est petit et ça pue la clope c'est horrible. Mais je m'en moque ce qui compte c'est de poser mes bagages et partir en ville.

Je prends le métro vers le château de la ville. Il a été rasé par un bombardement en Mai 1945, il ne restait que les fondations en pierres. Il a fini d'être reconstruit dans les années 1970. Donc il est en béton, de prés ça rends moins bien que le château de Matsumoto. Avant le château on peut se balader dans les superbes jardins environnants.

L'intérieur est assez moderne, il y a même un ascenseur et un double escalier permettant à ceux qui montent de ne pas croiser ceux qui descendent. En montant on profite de quelques oeuvres d'art datant de l'époque Edo. C'est intéressant il y a de superbes paravents, des armures et des sabres de toute beauté.


Le dernier étage donne une vue assez impressionnante sur les jardins et la ville. Mais le pire, c'est qu'on y trouve une boutique à touriste. Ça c'est un peu navrant... En repartant je finis le tour des jardins, ce qui est le plus beau à voir ici sans aucun doute. Je m'arrête à la maison de thé pour admirer les jardins tout en buvant un thé et en dégustant un gâteau. Paisible.

Pour la suite je dois faire le musée de la robotique, malheureusement il a fermé et a été remplacé par une banque... Dommage, il y a avait un café tenu par des robots, ça m'aurait bien plut de voir ça. A la place je file à l'autre bout de la ville vers le musée Toyota. J'y apprends que le fondateur s'appelait en fait Toyoda. C'est devenu Toyota car il pensait que Toyoda serait trop difficile à prononcer. Il a commencé par les métiers à tisser.

C'est son fils qui ensuite se lancera, en 1933, dans l'automobile. Le musée se tient dans les murs de l'usine berceau des entreprises Toyota. Et franchement c'est un excellent musée, on pourrait le comparer aux musée des Arts et Métiers, mais axé surtout sur les activités de Toyota (textile, métal, automobiles, robotiques) et avec d'innombrables activités et animations ludo-éducatives. C'est vraiment super intéressant, on trouve toute sortes de machines, de toutes les époques, avec pleins d'explications, de films et même de démonstrateurs (j'ai apprit à filer le coton). Très bonne surprise donc.

Sur le chemin du retour, l'ambiance est la suivante : pluie + nuit + brume + néons et grattes ciels! Bref je suis dans Blade Runner ! Et oui encore une référence à ce grand film, je le regarderais dés que possible à mon retour. Mieux, je vais le télécharger et le regarder dans l'avion au retour, c'est illégal de télécharger, je sais, mais j'ai toutes les versions en DVD : version originale, director's cut, final cut, ultimate cut Vs predators, Louis de Funés Cut... Donc je peux me le permettre!

Quatorzième jour : Matsumoto et Naira


Niigata, je me suis levé à cinq heure du matin. Puisque les régions côtières me sont météorologiquement hostiles je me résouds à me retirer vers les montagnes. Direction Matsumoto, préfecture de Nagano! Il me faut pas moins de trois différents trains pour y arriver. Deux shinkansens, dont le Asama 501 de Takasaki à Nagano, puis le Limited Express Shinano 4 Wide View.


Wide view c'est pour la taille des fenêtres un peu plus importante que d'habitude, ceci afin de bien profiter de la vue somptueuse sur la vallée de Kiso que propose cette ligne qui va jusqu'à Nagoya.

Dés mon arrivé à Matsumoto le soucis du logement est réglé en deux coups de fil. Ce sera le ryokan Nunoya, à mi-chemin de la gare et du chateau de Matsumoto. Dés mes bagages déposés au ryokan je file vers le chateau. Je traverse au passage quelques quartiers sympatiques le long de la rivière. On y trouve toute sortes de commerces. Il y a même une boutique de jeu de rôle ou je compulse, sans rien y comprendre, la version japonaise de l'Appel de Cthulhu, ça me rappelle le lycée et la fac.

Le chateau de Matsumoto est un des lieux que j'attends de pouvoir visiter avec le plus d'impatience. Je ne suis pas déçu. Au détour d'un énième building le chateau se dévoile d'un coup à mes yeux. Il est impressionnant avec ses murs noirs, qui lui valent son surnom de chateau du corbeau. Je fais le tour des douves où batifolent cygnes, canards et carpes "Koï", pour accéder à l'entrée.

Ce chateau, qui n'est pas forcément le plus impressionnant du Japon, a pourtant une caractéristique particulière qui le distingue des autres. Contrairement à beaucoup de chateaux, qui sont des reconstructions en béton des bâtiments originels, détruits par les aléas de l'histoire, surtout par les bombardcements de la seconde guerre mondiale, celui-là a été épargné. Construit en 1504, puis modifié en 1593, il n'a depuis pas changé. Vu son état de conservation quasi parfait ça a de quoi laisser admiratif.

D'ailleurs pour le visiter sans l'abimer on se déchausse à l'entrée. La visite en chaussette sur les superbes parquets du chateau est agréable au départ, mais le froid aidant je ne traine pas trop sur la fin. Je termine par la visite des jardins avec de belles vues sur le chateau encadré des couleurs de l'automne.

Après le chateau je fais un rapide tour du sympatique, mais tout petit, musée de la ville. J'avais prévu au départ la visite du musée Ukyo-e de la ville, une collection privée parmi les plus importantes du monde d'estampes japonaise (dont le grand Hokusai). Malheureusement le musée est fermé le lundi, mauvais timing, c'était pourtant indiqué par le guide... Au temps pour moi!


A la place je me dirige, en train, vers Narai, à une quarantaine de kilomètres de là. Narai est une ancienne ville étape du Nakasendo, une voie qui reliait autrefois Kyoto (la capitale de l'époque) à Edo (la future TOkyo et, donc, future capitale). Cette route était longue et était jalonné de villes étapes, soixante neuf en tout, Naraï étant la trente quatrième. La vallée comporte deux autres villes de ce type, Tsumago et Magome. S'il fait beau demain je les visiterais.

Tout une rue de cette petite ville est à l'image de ce qu'était une ville japonaise à l'époque médiévale. J'y arrive sur les coups de cinq heures et c'est trés calme, pas de touristes, à part moi, à l'horizon. Le quartier est une longue rue d'environ un kilomètre qui démarre à cent mètres de la gare et propose à ma  vue des maisons et des boutiques d'antan. On s'attend presque à voir sortir un samouraï d'un bar à saké. La nuit tombe rapidement, direction la gare et le ryokan de Matsumoto..

Demain direction Nagoya.

dimanche 15 novembre 2009

Treizième jour : Niigata


C'est seulement vers 16h que j'arrive à Niigata après un long périple depuis Abashiri, hier matin 6h42. Après m'être arrêté à Sapporo trois heures, le temps de faire le tour du quartier de la gare et de manger un morceau.

Je prends le train de nuit Express Hamanasu à vingt-deux heures, je m'installe comme je peux sur les sièges et hop c'est parti pour Aomori. A Aomori, je prends le train Inaho 8 à six heures quatre pour une arrivée prévue à Niigata à midi quarante sept. Prévue.





Hélas l'incroyable à eu lieu! Un retard sur la laigne. Pire, arrivé à Akita (même pas la moitié du chemin) le train est carrément annulé et on doit tous monter dans un bus. Ce qui est bien au Japon c'est qu'on t'explique tout, tu n'es pas perdu, on s'occupe de toi, mais... en japonais... C'est donc pour le moins surpris que je suis quand on essaye de m'expliquer qu'il faut prendre un bus! Finalement je prends le bus et c'est parti pour un nouveau trajet, de Akita vers Sakata où je dois reprendre un autre train. Par contre impossible de comprendre la raison de l'annulation.

Je prends mon mal en patience et je découvre le Japon, toujours en spectateur derrière une vitre, mais d'un bus ce coup-ci. Et c'est pas mal non plus je vois plus de choses que depuis le train et la région est plutôt jolie, juste après Sakata on est encore proche des montagnes. Mais après environ une heure on arrive prés de la côté et là je comprends la raison de l'arrêt du train. Il y a une véritable tempête qui fait rage sur la côte ouest du Japon, et il se trouve que la ligne de chemin de fer est justement juste au-dessus de la mer sur certaines parties. Je vous garantie que ça souffle super fort. D'ailleurs le bus ne roule pas à plus de quarante kilomètres heures tellement les rafales de vent son violentes.

Arrivé trois heures plus tard à Sakata, mauvaise surprise, pas de train. Ça commence à gronder parmi les passagers de feu l'Inaho 8 du 15 novembre 2009. Finalement on nous annonce qu'on doit aller en bus jusqu'à Niigata! Ça fait trois heures me dit le très jeune chef de gare, désolé, il hésitera même deux fois avant de m'annoncer le temps de trajet. Qui de plus était faux, il nous a fallu quatre heures.


Décidément la météo n'est pas avec moi, à se demander si je n'ai pas fâché un de ces dieux ou démons des multiples panthéons des multiples religions japonaises. L'équivalent japonais des diables et démons, les Onis, ne sont pas des plaisantins! Ceci dit le trajet entre Sakata et Niigata (surtout juste avant Murakami) offre une portion carrément magnifique de route côtière. Sur des rochers déchiquetés émergeant de la mer les vagues de deux trois mètres s'écrasent violemment, projetant de l'écume jusqu'au bus. La mer est entièrement blanche tellement l'écume née de la violence de la tempête couvre tout. La mer est démontée! Malheureusement je n'ai pas pu prendre la moindre photo car mon appareil était dans la soute. Dommage! Ce sera seulement pour mes propres souvenirs.

Maintenant à Niigata il y a grand vent et il est trop tard pour aller sur l'ile de Sado, tant pis. Demain je vais à Matsumoto, dans les Alpes japonaises. Enfin, normalement! Je vais quand même regarder un peu plus la météo avant de réserver quoi que ce soit... Il y a une salle de spectacle réputée ici, le Performances Arts Center (Ryutopia), je vais quand même aller y jeter un oeil voir s'il y a ce soir quelque chose qui pourrait me plaire.